Grève du foot : les clubs se tirent une balle dans le pied

12 novembre 2013
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Les clubs de football de L1 et de L2 poursuivent leur bras de fer contre le gouvernement et maintiennent la grève prévue fin novembre. Qui va payer les pots cassés ? Sûrement pas les assurances, qui refusent de mettre la main à la poche.

« Un spot publicitaire de 30 secondes à la mi-temps d’un classico coûte 30 000 euros ». Thibault Mullet, responsable de tarification à Canal +, met le doigt sur le nœud du problème : l’argent. La grève prévue par les dirigeants du football français, en signe de protestation contre la future taxe de 75% sur les revenus de plus d’un million d’euros, risque de coûter cher à plus d’un protagoniste du foot-business.

Car si cette « grève » annoncée par les clubs n’est en réalité qu’un report des matchs en semaine, les équipes de l’élite vont toutefois devoir assumer financièrement les conséquences de cet acte. L’affluence dans les stades, semaine oblige, sera logiquement réduite. Un manque à gagner certain en terme de billetterie et de ventes annexes (boissons, snacks, produits dérivés).

En règle générale, ce sont les assurances qui payent la facture lors d’un report de match. La situation est cette fois-ci différente puisque cette « fronde » est organisée par les professionnels eux-mêmes. « Il est fort probable que les assureurs n’accepteront pas de couvrir les clubs et de faire jouer ces garanties si la grève et l’éventuel report de matchs vient des clubs. Comme dans tout contrat d’assurance, si un aléa relève du fait de l’assuré, il n’est généralement pas couvert » avance Thierry Gouby, rédacteur en chef adjoint du site News Assurance.

Les diffuseurs pris en otage

Canal + et beIN Sport, les deux chaînes qui diffusent les rencontres de Ligue 1 et de Ligue 2 en France sont prises au dépourvus. Elles risquent fort de pâtir du renvoi des confrontations initialement prévues le week-end du 30 novembre et 1er décembre 2013. Le quotidien l’Equipe avait estimé à 150 000€ le préjudice financier subit par Canal + lors du report du « classique » PSG-OM en 2009. Cette année, l’ajournement du choc entre le PSG et Lyon coûterait encore davantage à la chaîne cryptée, qui pourrait être l’une des grandes perdantes de cette opération.

Pourtant, sauf cas particulier, les assurances indemnisent également les chaîne en cas de renvoi ou d’annulation de match. Suivant les contrats, les garanties prévoient des indemnisations pour compenser les pertes en terme de droits de diffusions, de remontées publicitaires, d’opérations promotionnelles ou de sponsoring. Reste à savoir si les assurances joueront le jeu et couvriront le préjudice financier subit par les chaînes dans le cadre d’une situation inédite.

La Ligue de Football Professionnel (LFP) a prit conscience qu’elle risquait de devoir dédommager elle-même les chaînes en cas d’annulation définitive de la 15e journée. Elle négocierait actuellement avec les diffuseurs pour qu’il n’y ait pas de conséquences financières mais n’a pas confirmé que des pourparlers étaient en cours. « Ces matchs de la 15e journée ne seront que reportés » assure Jean-Michel Aulas, président de l’Olympique Lyonnais. Histoire de ne pas alourdir une note déjà salée pour les clubs français ?

Louis Mbembe et Maxime Rousseau

Crédit photo : DR.

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